Avessac Histoire et Patrimoine

Renault D22 de 1957

La modernisation

Le premier plan en 1946 prévoit la mécanisation de la grande culture intensive.

C’est donc une révolution qui est proposée par le gouvernement d’après guerre aux paysans de France.

Le plan Marshall

Le 5 juin 1947 à l’université d’Harvard le général Marshall secrétaire américain à la défense prononça un discours historique.

Il y énonce un ensemble de mesures, dont celle de rétablir la situation économique de l’Europe, sortie exsangue de la seconde guerre mondiale. 

Pour promouvoir cette modernisation, on y découvre les mérites de la traction mécanique.

Il faudra des tracteurs, des charrues, des moissonneuses. L’industrie française produit peu. Les responsables politiques vont donc se tourner vers les états unis.

Aujourd’hui les paysans français les plus âgés se souviennent de l’arrivée dans les ports français des caisses en pin d’Oregon de matériel agricole fourni à la France par le plan Marshall à partir de 1947. Des tracteurs Pony, John Deere, Ford, Farmall, Massey Ferguson etc. 48000 vont être importés avant que des usines américaines s’implantent en France ( Massey Ferguson ).

En 1956, 400000 tracteurs ont remplacé les chevaux et les boeufs dans les fermes de France. Il en est de même pour les batteuses remplacées progressivement par les moissonneuses.

Dans un premier temps, ces évolutions ne bouleversent pas l’allure et la vie des villages.

Les boeufs tirent encore la charrue et on y sème à la main. Mais la clientèle des forgerons maréchaux-ferrants se raréfie. Les boeufs et les chevaux disparaissent un à un tandis que les nouveaux moyens exigent des routes de meilleure qualité. Le gros problème de la dimension des parcelles se pose de même que le goudronnage s’intensifie.

Le remembrement des parcelles s’impose, c’est un vaste remodelage des terres et des paysages à l’échelle de chaque commune. Entourées de talus et de haies, elles laissent passer un attelage sa charette, mais pas un tracteur et une remorque. L’idée des modernisateurs est donc d’échanger les terres entre paysans, de raser les talus et les haies afin de créer de grandes parcelles plus faciles à exploiter mécaniquement et nécessitant moins de main d’oeuvre.

Au total, il y avait quelques cinq millions de bêtes de travail en 1950. Les boeufs, les chevaux, mulets et ânes ont connu l’évolution à la baisse en comptabilisant 2,2 millions en 1950. Vingt ans plus tard il en restait moins de 500000.

La traction animale et le patrimoine

La modernisation de l’agriculture tout au long du 19ème siècle l’a rendu indispensable pour

la récolte et la transformation des produits. Ces boeufs et chevaux ont aussi participé depuis très longtemps en plus des travaux des champs à l’édification des maisons, des granges, des moulins, des fours, des puits, des lavoirs, où à la réparation des églises, des tours, des châteaux etc. Le nombre de tombereaux de pierres doivent se compter en plusieurs milliers.

Ils participaient aux fêtes d’antan en tirant les chars chargés d’enfants. Aux enterrements en tirant le corbillard, aux marchands ambulants etc.

Les tracteurs anciens et modernes

Les tracteurs d’aujourd’hui bourrés de technologie, connectés à internet, leur style avec une cabine aux vitres teintées les fait ressembler à des poids lourds.

Font-ils encore rêver, les petits garçons comme les ancêtres du milieu du siècle précédent ?

Les tracteurs des trente glorieuses avaient la tâche plus facile.

Parmi les tracteurs qui ont fait l’agriculture moderne c’est le Renault de la gamme D qui s’impose…

Le constructeur qui s’est lancé dans le machinisme agricole en 1919 en développant des tracteurs ( à chenilles) introduit en 1956 ses premiers engins Diesel d’où le choix de la lettre D.

Le D 22 doté en série d’un attelage trois points, d’un relevage hydraulique, d’une prise de force et d’un blocage d

ifférentiel. Son moteur est un bicylindre diesel qui tourne lentement, délivrant la puissance modeste de 22 cv au régime vertigineux de 1700 tours/ minute. 

Dans les campagnes des années 1950 et 1960, choisir son tracteur, c’est choisir sa couleur. Dans les champs cohabitent les Renault et vendeuvre orange, les Deutz et Fendt allemands vert, les Massey Ferguson américains rouge et gris etc.

Avessac Histoire et Patrimoine vous fait revivre les premiers tracteurs ainsi que le nom de leur propriétaire.